mercredi 30 janvier 2013

Enseigner la pensée critique ou non?

Récemment, j'effectuais une lecture d'un article en vue de la rédaction de mon mémoire en éducation (celui de Gainer, 2012). Cela m'a amené à réfléchir sur la place de la censure dans nos sociétés.


La situation

En fait, on avait décidé de rayer de la carte un programme d'éducation à la citoyenneté et à la pensée critique, de peur que les élèves ne deviennent une menace pour le gouvernement en créant la version américaine du printemps arabe. Cela s'est passé tout récemment dans la région de Tucson, en Arizona, où, en plus de tout cela, certains livres ont été retirées des bibliothèques, comme les ouvrages de William Shakespeare, d'Howard Zinn et de Paulo Freire! 

La pensée critique versus la censure

Que peut-on dire sur la nature de la pensée critique? Elle est l'essence même de la démocratie, avec l'éducation à la citoyenneté. C'est ce qui permet au citoyen de faire des choix éclairés, non seulement à toutes les élections, mais dans son implication dans la société en général. 

La pensée critique peut amener la population à se révolter, mais ces révoltes sont d'abord pacifiques. C'est le cas de la plupart des grèves, qui visent avant tout une entente pour le bien commun. Ainsi, nous n'avons pas à craindre l'éducation à la pensée critique et à la citoyenneté, car elle véhicule des valeurs humanistes et non violentes.

Qu'en est-il de la censure? Il s'agit de l'essence des régimes totalitaires. Pour que ceux-ci fonctionnent, il faut que l'information soit filtrée. De ce fait, toute information qui n'est pas favorable à l'État doit être cachée et les gens qui la connaissent doivent être neutralisés, bien souvent par des moyens violents.

La censure amène alors la création d'un sentiment de frustration refoulée chez la population. Lorsque la population se mobilise, il s'agit habituellement d'une offensive sanglante et il y a violence. Or, le mécontentement passe au-delà du seuil de l'action citoyenne. Le citoyen devient alors un rebelle et la situation devient dangereuse pour la société.

Et l'éducation?
« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux. » - Benjamin Franklin
L'éducation qui censure la pensée critique n'outille pas les élèves pour être de bons citoyens. Elle leur apprend plutôt de réprimer leur rage. Mais il ne faut pas craindre l'expression de la pensée critique! Il faut enseigner aux élèves comment débattre et comment s'impliquer pour faire un changement au lieu de confronter et d'utiliser des moyens violents.


Dans le cas de Tucson, en Arizona, on commet une erreur grandiose en enlevant les classes du programme d'études. En fait, beaucoup de gros dossiers chauds sont à la discussion aux États-Unis présentement, comme la question des armes à feu et de la santé. Si les jeunes sont éduqués à être de bons citoyens critiques, ils pourront plus facilement trouver une meilleure solution qui vise davantage le bien commun de toute la nation. Autrement, les Américains risquent d'en subir les effets pervers. N'était-ce pas Benjamin Franklin, un des pères fondateurs de cette nation, qui a dit qu'« un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux? » C'est ce qui risque de se passer si l'on continue à censurer la pensée critique...












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