vendredi 16 août 2013

Le paradoxe de l'élève qui apprend mieux en dehors de l'école

Quelle belle leçon d'histoire que ce fut! J'ai marché dans les pas de Napoléon, des soldats alliés, des Acadiens déportés, vous dira-t-on! En fait, notre entourage déborde d'occasions d'apprentissages qui sont présentes dans nos programmes d'études. Au cours de ma vie, j'ai eu l'occasion de visiter l'Europe, les États-Unis et les Caraïbes. Ces expériences m'ont permis de mieux comprendre ce qui s'était passé dans ces pays, étant donné la présence de traces visibles dans l'environnement de ces pays. C'est la concrétisation de l'abstrait.


Le mur de Berlin, vestige de la Guerre froide, est une leçon d'histoire en soi.


Même constat pour les mathématiques, qui sont utiles à toutes les sphères de la vie. Par exemple, nous avons déjà construit un petit chalet avec la famille. Pour ce faire, il nous fallait calculer le nombre de morceaux de bois (2 x 4; 2 x 6, etc.) qu'il fallait. Ensuite, vinrent le calcul des angles, utiles pour la construction des fermes de toit. Pour le revêtement du plancher, il a fallu calculer l'aire pour ne pas en acheter trop ou trop peu. Bref, les notions mathématiques vont de paire avec la charpente, qu'on le veuille ou non.

Un paradoxe

Il arrive souvent que les élèves ont de la difficulté à maîtriser des concepts en mathématiques ou en lecture, mais lorsqu'ils sont confrontés à des problèmes mécaniques ou à de la charpente, ils réalisent pratiquement des miracles. En histoire, les gens nous disent souvent y trouver intérêt après avoir voyagé, assisté à un événement culturel (comme un congrès mondial acadien) ou bien en visionnant des bons films.

Mais pourquoi en est-il ainsi? Ce sont souvent les mêmes concepts qui sont traités dans les livres, mais le résultat est totalement différent selon le contexte. Certains élèves, comme vous le savez, apprennent mieux de façon concrète, tandis que d'autres sont dans l'abstraction. Tandis que l'abstrait forme plutôt des intellectuels et des théoriciens, le concret s'occupe de ceux qui sont les pieds et les mains de notre société, ceux qui réparent nos voitures, construisent nos maisons, etc. Pourtant, ces derniers ne sont pas ceux qui réussissent le mieux à l'école.

C'est de là qu'émerge le paradoxe. Les enseignants travaillent corps et âmes à amener l'élève à faire un transfert entre deux situations d'apprentissage différentes, bien que celui-ci puisse se faire de façon naturelle et spontanée, lorsque ce même élève effectue une activité qui le passionne. À l'opposé, on lui demande de faire l'exercice sur papier et c'est un échec. Par la suite, on classe l'élève comme ayant des difficultés d'apprentissage, souvent à tort. À mon avis, c'est un des endroits où l'école échoue le plus.

Alors voici quelques objectifs que nous pourrions nous donner pour la prochaine rentrée :

1. Apprendre à connaître un peu plus nos élèves (passe-temps, ambitions, rêves, etc.).
2. Permettre la concrétisation de l'abstrait (sans oublier d'abstraire le concret pour nos petits intellos) en utilisant le plus possible des situations et des exemples de la vie courante.
3. Amener les élèves à conceptualiser sur le terrain.
4. Différencier plus.
5. Écouter les préoccupations des élèves et discuter brièvement le pourquoi des apprentissages, surtout lorsque la motivation est faible.

C'est à y penser!





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