jeudi 6 juin 2013

Une autre réalité de l'enseignement, la suppléance!

Depuis plusieurs années, les postes en enseignement se font rares, étant donné la diminution du nombre de retraites et de la conjoncture économique et démographique actuelle. Cela dit, un grand nombre de finissants en éducation se retrouvent sur le marché du travail avec deux options : l'exil ou la suppléance. Nous parlerons ici de cette dernière option.

Mais pourquoi doit-on parler de suppléance sur ce blogue, alors qu'il est généralement question d'enseignement et d'innovation en enseignement, choses qui diffèrent totalement du reste.



La réalité de la suppléance

Habitué à une certaine stabilité dans le domaine des sciences humaines et des langues, la suppléance m'a offert l'occasion de constamment être hors de ma zone de confort. D'abord, le suppléant ne sait généralement jamais trop où il va se trouver à l'avance. Une journée, j'étais enseignant de mathématiques et l'autre, spécialiste en éducation physique. Or, mes compétences en mathématiques sont rouillées et je n'ai jamais été un grand adepte de sports. Il m'a fallu tout (ré)apprendre, mais j'ai tout de même réussi à le faire, dans une moindre de mesure. Cela m'a donné une compréhension claire des enjeux présents dans les différentes disciplines scolaires.

Il y a aussi les groupes. On peut facilement tomber sur la classe de rêve, mais aussi sur une autre dont le but est de faire suer l'enseignant suppléant au point de lui faire apprécier chaque dollar de son salaire quotidien, et c'est souvent pire à quelques semaines des vacances. Si cela vous arrive, ne rejetez pas tout le blâme sur vous-même! Je dois avouer que cela m'a toujours été difficile étant un perfectionniste de nature. Autrement dit, j'ai plus souffert de mon orgueil que des mauvais tours ou comportements irrespectueux des élèves. De plus, si vous vous sentez dépassé par la situation, n'hésitez pas à demander de l'aide. C'est tout à fait normal! La plupart des suppléants qui y sont passé avant vous l'ont probablement fait... ou sont sortis avec les larmes aux yeux!

De toute façon, la suppléance nous permet de découvrir par essai et erreur des méthodes d'enseignement et de gestion de classe efficace. Après tout, on ne fait pas de bons marins avec une mer calme, n'est-ce pas?

Les avantages de la suppléance

Il existe des avantages à faire de la suppléance. Elle est d'ailleurs recommandée à tous les débutants en éducation. En voici quelques-uns :

  1. La suppléance est formatrice. Elle fait appel aux meilleurs professeurs, essais et erreurs. Elle amène ainsi l'éducateur à essayer et à entrevoir des pratiques pédagogiques gagnantes ou l'inverse. Souvent, il ne décide pas de l'apprentissage, il le subit.
  2. La suppléance permet de former des réseaux de contacts. Connaître les enseignants d'une école aide par la suite à obtenir des stages pour les étudiants et de se faire un nom professionnel. C'est la clé vers l'embauche. Et il ne faut pas oublier les élèves! On a alors l'occasion de rencontrer plein d'élèves formidables et intéressants. Suffit de chercher à les connaître!
  3. La suppléance construit la pensée critique. Le système d'éducation n'étant pas parfait, on y découvre rapidement ce qui peut être amélioré et même on peut réfléchir sur les moyens de le faire. Aussi, le mélange de pratique qu'on peut vivre et voir permettent de se forger ses propres pratiques et opinions.
  4. Ceux qui désirent vaquer à d'autres occupations ou travailler assez librement trouveront la suppléance très adaptée à leurs besoins de travailleurs à temps partiel.
  5. Lorsque vous possédez le brevet en éducation, vous recevez un salaire très près de celui d'un enseignant débutant. De plus, il vous est possible d'avoir du chômage pour les mois d'été si vous en avez fait tout l'année.
En somme...
« Si vous n'aimez pas remplacer, ça ne veut pas dire que vous n'aimerez pas enseigner.»
Attention, tout n'est pas rose. Loin de là. Le caractère instable de l'emploi en suppléance peut être difficile à supporter, financièrement et moralement. De plus, on peut parfois avoir l'impression de tourner en rond en attendant le téléphone.

Toutefois, si vous n'avez pas d'alternative pour le moment, je vous encourage de ne pas lâcher. Si vous vous sentez mal pris en salle de classe, n'hésitez pas à demander de l'aide. Les autres enseignants le savent, votre portée d'action est limitée, donc ils pourront vous aider en cas de problème. Au niveau financier, vous pouvez toujours complémenter vos revenus en vous investissant dans une entreprise à temps partiel (comme garder des enfants le soir ou faire de la photographie de mariage, etc.).

Alors, quel est le mot d'ordre? Essayez, rien que pour voir! Si vous n'aimez pas remplacer, ça ne veut pas dire que vous n'aimerez pas enseigner. J'ai connu une superbe enseignante qui détestait la suppléance. De toute façon, rappelez-vous que l'enseignant et le suppléant partagent le même milieu, mais que les deux ont un travail qui diffère, ce qui fait en sorte que les élèves les perçoivent différemment. Et surtout, bonnes vacances d'été bien méritées!





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